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billie jean king,
la sportive la plus influente du 
xxè siècle ?

En 2015, la chaîne américaine CNN publiait une liste de 7 femmes qui ont changé le monde. Aux côtés d’Anne Franck et Simone de Beauvoir, entre autres, apparaissait une sportive, la seule de cette liste. La tenniswoman Billie Jean King.

Billie Jean Moffitt – de son nom de jeune fille – est née en Californie en 1943 au sein d’une famille d’amateurs de sport. Elle se passionne d’abord pour les matchs de baseball, s’étonne de ne pas y voir de femme. Puis découvre le tennis. À 11 ans, elle achète sa première raquette avec ses petites économies glanées en faisant des ménages. Raquette en main, elle va progressivement conquérir le monde. 

 

Considérée comme l’une des plus grandes joueuses de l’histoire du tennis, Billie Jean King en présente l’un des plus impressionnants palmarès : 129 titres dont 12 titres du Grand Chelem en simple, 27 en double, 4 Fed Cup, 5 fois numéro 1 mondiale entre 1966 et 1974, 17 ans dans le top 10, une des 10 joueuses de l’histoire à avoir gagné les 4 tournois du Grand Chelem. 

Outre son palmarès extraordinaire, ce sont les engagements de Billie Jean qui vont façonner son empreinte si unique sur l’histoire du sport. 

 

En 1973, elle est à l’origine de la création de la WTA (Women’s Tennis Association), un syndicat visant à la promotion du tennis féminin et à la défense de ses intérêts (la WTA deviendra ensuite la principale association sportive organisant les compétitions tennistiques professionnelles des femmes à travers le monde). Billie Jean obtient des avancées spectaculaires en termes de rémunérations pour les tenniswomen, allant parfois jusqu’à menacer de boycotter un tournoi pour obtenir gain de cause. 

 

Billie Jean jouera également un rôle historique dans cause LGBT, impulsant une véritable libération de la parole après son coming-out public en 1981. C’est tout simplement la première sportive de l’histoire à reconnaître ouvertement son homosexualité. 

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Le point d’orgue du destin de Bille Jean, celui qui la fit passer définitivement dans une autre dimension, celle de légende, intervient le 20 septembre 1973. L’Astrodôme de Houston est plein à craquer. Les 30 000 spectateurs sont survoltés. Derrière eux, ce ne sont pas moins de 90 000 millions de téléspectateurs qui le sont tout autant, aux quatre coins du monde. 50 millions rien qu’aux États-Unis. Un record encore aujourd’hui pour un match de tennis. 

Les deux gladiateurs entrent en piste pour ce que le monde a nommé « la bataille des sexes ». Billie Jean, façon Cléopâtre, entre sur un palanquin grandiose, panaché de plumes roses, porté par quatre hommes aux muscles dénudés. Bobby Riggs, ancien numéro 1 mondial, pénètre à son tour sur le court, avachi dans pousse-pousse doré. Son drôle de carrosse est entraîné par de jolies danseuses affublées d’un tee-shirt sur lequel se lit la mention « Sugar Daddy » (homme âgé qui entretient une amante très jeune).

 

Avant de débuter les hostilités, Bobby offre une sucette géante à Billie. Il obtient en échange un porcelet vivant des mains de Billie Jean. Derrière ces airs de grande farce de mauvais goût, c’est l’honneur et l’avenir du tennis féminin qui sont en jeu.

Billie Jean King, numéro 1 du tennis mondial féminin, se bat pour l’égalité de salaires depuis quelque temps. Elle vient d’obtenir des avancées significatives en la matière, notamment grâce à la WTA (Women’s Tennis Association), le syndicat de tenniswomen qu’elle vient de créer. Beaucoup d’hommes s’insurgent de cette marche vers l’égalité qui ne refléterait aucune réalité sportive. Le plus célèbre de ces contestataires, Bobby Riggs, propose à Billie Jean un défi : lui et ses 55 ans la défieront le temps d’un match en 3 sets. De quoi prouver la faiblesse du tennis féminin aux yeux du monde. 

 

Billie refuse d’abord, ne voulant pas s’abaisser à cette provocation. Margaret Court, ancienne numéro 1 mondiale, 30 ans, est encore au sommet de tennis féminin. Elle accepte… et se fait balayer 6-2, 6-1 dans une journée dont on se souviendra sous le nom de « Massacre de la fête des Mères ». Billie Jean n’a plus le choix, l’image du tennis féminin est sévèrement écornée par ce revers. D’autant que Riggs multiplie les provocations, certes en forçant le trait avec « humour », mais non sans obscénité : « Le tennis féminin est inférieur à celui pratiqué par les hommes, aucune joueuse en activité ne pourrait jamais venir à bout d'un retraité. La place des femmes est dans la chambre à coucher et dans la cuisine ».

 

Place au match. Riggs est le premier à breaker, il prend l’avance dans le premier set. Son « jeu poubelle », tout en amorti et coups vicieux qui avaient eu raison de Margaret Court, déroute d’abord Billie Jean. Mais cette dernière le maintient ensuite en fond de court, le fait courir, l’épuise. Elle prend le premier set 6-4. Promené au fond du cours, Riggs multiplie alors les montées au filet pour écourter les échanges, mais Billie Jean déploie une impressionnante palette de passings et autres lobs. Le match est finalement remporté par la joueuse  en trois sets assez rapides : 6-4, 6-3, 6-3. Riggs s’incline avec un certain fair-play, admettant la supériorité de son adversaire. 

 

Bon nombre d’observateurs ne s’attendaient pas à ce qu’un ancien numéro 1 mondiale, même à 55 ans, puisse être terrassé de la sorte par une femme. Billie Jean, elle, affirme ne pas tirer grande satisfaction d’abord battu un vétéran. En revanche, ce dont elle est très fière, c’est d’avoir offert au tennis féminin une lumière dont jamais il ne bénéficie. Un moment charnière pour la reconnaissance de celui-ci.

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